Une correspondance officielle datée du 12 mai 2026 et adressée au Directeur général de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) dénonce ce que ses auteurs qualifient de « fraude massive et organisée » à la grande barrière douanière de Mahagi durant la période allant de 2021 à 2025. Le document, signé par la Cellule des Informateurs du Président de la République, a également été transmis à plusieurs hautes institutions de la République pour information.
Dans cette correspondance, les signataires affirment que la douane de Mahagi fait depuis plusieurs années l’objet de dénonciations répétées portant sur des pratiques frauduleuses, tout en soutenant que les enquêtes engagées jusque-là n’auraient pas abouti. Ils indiquent disposer de données recueillies à l’issue d’enquêtes qu’ils disent avoir menées de manière approfondie.
Le document évoque plusieurs mécanismes présumés de fraude, notamment des marchandises considérées comme non arrivées malgré leur émargement dans les bureaux de représentation, des marchandises sorties officiellement du système ougandais mais absentes des registres d’émargement en République démocratique du Congo, la minoration des quantités et des valeurs déclarées, le changement de la nature des marchandises avant leur déclaration ainsi que l’utilisation d’une seule déclaration pour le passage de plusieurs camions transportant différentes cargaisons.
A titre illustratif, les auteurs présentent des statistiques relatives aux produits pétroliers importés entre 2021 et 2025, tout en précisant conserver les données détaillées pour d’éventuelles confrontations dans le cadre d’une enquête officielle.
Selon les signataires, ces pratiques présumées auraient pour conséquence un important manque à gagner pour le Trésor public, susceptible de compromettre le financement des projets de développement, tout en créant une concurrence qu’ils jugent déloyale à l’égard des opérateurs économiques respectant les réglementations douanières.
Face à cette situation, la Cellule des Informateurs du Président de la République sollicite la mise en place d’une enquête indépendante et mixte à Mahagi afin d’établir les responsabilités. Elle recommande également l’activation du territoire douanier unique dans le cadre de l’intégration régionale, la reconnaissance des opérateurs économiques agréés ainsi qu’une meilleure organisation des transporteurs congolais agréés.
A ce stade, les faits rapportés dans cette correspondance constituent des allégations formulées par leurs auteurs. Aucune conclusion d’une enquête officielle ou décision judiciaire n’est mentionnée dans le document fourni.
