Un an après la prise de Goma par l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), la capitale du Nord-Kivu demeure plongée dans une crise profonde, où l’économie de survie a remplacé l’économie formelle et où la situation humanitaire reste alarmante.
Une économie paralysée
La fermeture durable des banques commerciales et de l’aéroport international de Goma a coupé la ville de ses circuits économiques traditionnels. Les transactions financières reposent désormais presque exclusivement sur le mobile money, souvent assorti de frais élevés, ce qui érode davantage le pouvoir d’achat des ménages. Parallèlement, la perturbation des chaînes d’approvisionnement et l’insécurité persistante sur les axes routiers ont entraîné une hausse significative des prix des denrées alimentaires et des produits de base. Les petits commerçants et les entrepreneurs locaux, principaux moteurs de l’économie urbaine, opèrent dans un environnement instable, marqué par l’incertitude et la faiblesse de la demande. L’économie informelle s’est imposée comme principal mode de subsistance, au détriment de toute planification à long terme.
Une crise humanitaire persistante
Sur le plan humanitaire, Goma s’inscrit dans l’une des plus graves crises de déplacement en Afrique centrale. L’accès à l’eau potable, aux soins de santé et à la scolarisation reste limité pour une grande partie de la population. De nombreuses familles vivent dans une précarité extrême, dépendantes de la solidarité communautaire et de l’aide humanitaire, elle-même entravée par les contraintes sécuritaires.
Fragilisation sociale et incertitude politique
Au-delà des indicateurs économiques, l’occupation a laissé des séquelles sociales et psychologiques profondes : sentiment d’abandon, perte des moyens de subsistance et délitement du tissu social. Malgré certaines mesures locales visant à relancer l’activité, l’absence d’un cadre institutionnel reconnu freine les investissements et le retour des services publics.
Un an après, Goma survit plus qu’elle ne se reconstruit. Sans une amélioration durable de la sécurité, le rétablissement des institutions économiques et un accès humanitaire sans entrave, la ville risque de s’enliser dans une crise prolongée aux conséquences humaines incalculables.
Francois AGENONG’A UMIRAMBE, Esprit patriotique
La conviction avant l’action
