Grève des enseignants ougandais : les inégalités salariales déclenchent des troubles à l’échelle nationale
Le secteur de l’éducation en Ouganda est une fois de plus plongé dans le chaos, alors que des enseignants à travers le pays ont cessé le travail pour réclamer de meilleurs salaires et un traitement équitable. La grève, déclarée par le Syndicat national des enseignants de l’Ouganda (UNATU), intervient au début du troisième trimestre scolaire, laissant des millions d’élèves sans cours à quelques semaines des examens nationaux cruciaux.
Origine du conflit
Au centre de ce bras de fer se trouve la longue inégalité salariale entre les enseignants des sciences et ceux des lettres. En 2022, le gouvernement a accordé une importante augmentation aux enseignants des sciences, portant certains à plus de quatre millions de shillings par mois. En revanche, leurs collègues des arts et des sciences humaines restent à un peu plus d’un million de shillings.
Les enseignants des lettres soutiennent qu’ils accomplissent le même volume de travail, subissent les mêmes difficultés économiques et méritent la même reconnaissance. L’UNATU insiste sur le fait que la question ne se limite pas à l’argent, mais concerne l’équité, la dignité et la motivation de toutes les catégories d’enseignants.
Position du gouvernement
Le gouvernement a proposé une augmentation salariale progressive de 25 %, invoquant des ressources limitées et des priorités nationales concurrentes. Les responsables du Ministère du service public ont averti que les enseignants refusant de reprendre les cours risquent de perdre leur emploi. Le président Museveni est également intervenu, exhortant les enseignants à penser aux élèves et à laisser au gouvernement plus de temps pour réunir les fonds.
Cependant, les enseignants ont rejeté l’offre, la jugeant « trop faible et trop lente », et demandent un plan global pour combler définitivement l’écart salarial.
Impact sur les écoles
La grève a laissé de nombreuses salles de classe vides, obligeant les élèves à rester sur les cours d’école ou à rentrer chez eux. La plus grande inquiétude concerne les candidats de Primary Seven, qui sont à quelques semaines des examens de fin de cycle primaire (PLE). Sans préparation adéquate, les performances et la confiance des élèves risquent d’en souffrir.
Dans certaines régions, le recensement éducatif en cours a également été interrompu, tandis que les responsables de l’éducation des districts expriment leurs propres doléances, se disant sous-payés par rapport aux enseignants qu’ils supervisent.
Voix du terrain
Le Secrétaire général de l’UNATU, Filbert Baguma, a promis que la grève se poursuivra jusqu’à ce que le gouvernement présente un engagement clair pour l’harmonisation des salaires. Les enseignants affirment être fatigués des promesses non tenues et des demi-mesures, insistant sur le fait qu’ils ne reprendront pas le travail sans garantie de changement significatif.
Perspectives
Aucun signe d’apaisement ne se dessine. Le gouvernement fait face à la pression de trouver plus d’un trillion de shillings pour répondre aux revendications salariales, tandis que les enseignants restent fermes sur leur appel à l’équité. À moins qu’un compromis ne soit rapidement trouvé, les élèves seront les principaux affectés par cette crise, et la crédibilité du système éducatif ougandais pourrait subir des dommages durables.
